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Communiqué de Presse

le lundi 30 septembre 2019
Les arbitres sont honnêtes et intègres !

Faut-il sans cesse enfoncer des portes ouvertes et se rendre maître dans l'art des lapalissades au risque de lasser et de devenir inaudible ? Il semble pourtant que cela ne fasse jamais de mal de rappeler quelques vérités.

Les dernières sorties d'un Président à l’issue de la rencontre Olympique de Marseille - Stade Rennais jettent un doute sur la probité des arbitres, leur impartialité, leur neutralité, leur honnêteté. Cela instaure un climat de suspicion et de dénigrement sur le corps arbitral, relance l'odeur rance des complots, entretient toutes les rumeurs écœurantes de malhonnêteté qui viennent flatter la vindicte populaire...

On pourra toujours arguer qu'il s'agit d'une fine stratégie pour rééquilibrer les choses, de tentatives de déstabilisation habilement menées qui finissent, sans doute dans l'esprit de leurs instigateurs, par payer à un moment ou un autre. Méthodes douteuses et sournoises qui viennent satisfaire la colère des supporters, entretiennent et ravivent les fantasmes éculés sur la malhonnêteté légendaire des arbitres.

Il faut ici encore le rappeler : les arbitres respectent et arbitrent tous les clubs de la même manière. Ils sont imperméables au statut d'un club, à son classement, à sa série de victoires ou de défaites en cours - y compris aux déclarations calomnieuses de ses dirigeants. Ils sont neutres et impartiaux, fondamentalement honnêtes et intègres, et le résultat d'une rencontre leur est parfaitement égal.

Les arbitres, fort heureusement, ne sont concentrés que sur la bonne décision à prendre - et c'est déjà beaucoup. Ils font table rase du passé pour rester concentrés, rivés, entièrement tournés sur ce qui vient et va arriver dans la rencontre qu'ils dirigent. Seul compte "le coup de sifflet d'après" et la plus grande qualité d'un arbitre est sa capacité à oublier ce qui précède pour toujours conserver un œil neuf et avisé sur ce qui suivra. De même qu'un grand attaquant doit oublier le pénalty qu'il a manqué le match précédent lorsqu'il doit en retirer un nouveau au match suivant, un arbitre ne se pollue pas l'esprit avec les événements du passé. "Tout acte exige l'oubli", écrivait Nietzsche ; les arbitres, qui sont des acteurs à part entière d'une rencontre, ont cette capacité d'oubli qui leur permet d'aller de l'avant sans regarder en arrière.

Nos grands dirigeants feraient bien de s'en inspirer au lieu de remuer la rancune et les histoires du passé. Le cas échéant, ils pourront toujours compter sur le SAFE pour le leur rappeler.

Bien sûr, il ne s'agit pas de dire ici que les arbitres ne prennent que des bonnes décisions ; il suffit de voir les commentateurs avertis, eux-mêmes divisés sur certaines situations, pour admettre... qu'il n'existe parfois tout simplement pas de bonne décision ! - ou tout au moins, la bonne décision est-elle donc celle de l'arbitre, mais pour en arriver là, il faut être philosophe, et c'est sans doute trop demander à nos dirigeants pris dans les tourments de leurs passions incontrôlées.

Serait-ce alors trop exiger d'eux que les inviter à conserver de la hauteur sur les événements, à prendre du recul sur le factuel et à observer un principe de prudence et de précaution quand les événements leur sont contraires ou défavorables ? Il y va de leur sens des responsabilités de Président, tout simplement.

En effet, pour paraphraser celui qui vient de nous quitter et qui pouvait se montrer philosophe plus souvent qu'à son tour, ne faut-il pas, en toutes circonstances, savoir raison garder ?