Arbitre professionnel pendant plus de dix ans et kinésithérapeute reconnu dans le monde du sport de haut niveau, Bertrand CORCUFF incarne un parcours aussi rare qu’inspirant. Arrivé très jeune dans l’arbitrage, il a gravi les échelons jusqu’à officier en Ligue 2, en tant qu’arbitre assistant. Il a vécu de grandes émotions et découvert les plus grands stades, avant de mettre un terme à sa carrière en 2023.

En parallèle, il a mené une carrière de kinésithérapeute, au contact des sélections nationales de jeunes de la FFF, participant notamment à plusieurs grandes compétitions internationales. Passionné, rigoureux et profondément humain, Bertrand CORCUFF a su mener de front ses deux carrières exigeantes, guidé par la passion et l’engagement. Bertrand CORCUFF revient sur les moments clés de son double parcours, son rôle auprès des joueurs de haut niveau, les valeurs qui l’animent et les conseils qu’il souhaite transmettre aux jeunes qui souhaitent, eux aussi, s’engager.

Pouvez-vous revenir sur votre parcours d’arbitre ?

J’ai commencé l’arbitrage très jeune, puisque j’ai passé mon examen d’arbitre en 1999, à l’âge de 17 ans. J’ai obtenu l’examen de la Fédération en 2011, ce qui m’a permis d’évoluer au niveau national. En 2013, j’ai été promu en Ligue 2 en tant qu’arbitre assistant. J’ai mis un terme à ma carrière d’arbitre en 2023, après dix saisons en Ligue 2. Ce sont de très belles années, riches en émotions, qui m’ont permis de découvrir de grands stades et de vivre des moments forts à travers toute la France. C’était aussi une formidable aventure humaine. J’ai notamment partagé cette expérience avec Pierre GAILLOUSTE, Jérôme BRISARD et Nicolas RAINVILLE, avec qui je suis toujours en contact aujourd’hui.


En parallèle de l’arbitrage, vous avez mené une carrière de kinésithérapeute. Pouvez-vous nous en parler ?

J’ai obtenu mon diplôme d’État de Masseur-Kinésithérapeute en 2005, à la Faculté de Médecine des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. Très vite, je me suis orienté vers le sport de haut niveau et le football en particulier. J’ai eu l’opportunité de travailler avec les sélections nationales de jeunes de la FFF dès 2006, ce qui m’a permis de participer à plusieurs grandes compétitions internationales, notamment trois Coupes du monde : en Colombie en 2011, en Pologne en 2019 et au Chili en 2025. J’ai également participé à des Championnats d’Europe U19 et à de nombreux matchs de préparation.

 

Vous avez participé à trois Coupes du monde U20. Que représentent ces compétitions dans une carrière de kinésithérapeute ?

Participer à une Coupe du monde est toujours quelque chose de très fort. Ce sont des compétitions intenses, avec un rythme élevé, peu de récupération et une forte pression. Pour un kinésithérapeute, c’est un défi permanent : il faut être capable d’adapter rapidement les protocoles, d’anticiper la fatigue et de maintenir les joueurs dans les meilleures conditions tout au long du tournoi.

La Coupe du monde U20 au Chili a marqué votre parcours. Qu’avait-elle de particulier ?

La Coupe du monde au Chili a été une expérience très marquante. D’abord par le contexte : un long déplacement, un changement de climat, et une compétition très dense. Tout cela demande une préparation minutieuse en amont. Sur le plan médical, l’enjeu était de mettre en place un programme individualisé pour chaque joueur, en tenant compte de son temps de jeu, de son historique de blessures et de son état de forme. Le travail de récupération et la prévention des blessures ont été primordiaux. Mais au-delà de l’aspect professionnel, il y a aussi l’aventure humaine. Vivre une Coupe du monde pendant plusieurs semaines avec un groupe, un staff et des jeunes joueurs en pleine construction est quelque chose de très fort et de très enrichissant.


Quel est précisément le rôle du kinésithérapeute lors d’une Coupe du monde avec les Bleus ?

Le rôle du kiné est multiple. Il s’agit bien sûr d’assurer les soins et le traitement des blessures, mais aussi d’accompagner les joueurs au quotidien. Après chaque entraînement ou match, la récupération est essentielle. Notre objectif est de mettre les joueurs dans les meilleures conditions physiques et mentales pour qu’ils puissent performer. Cela passe par un travail très individualisé, en collaboration étroite avec le staff médical et technique. Lors d’une compétition internationale, il faut aussi savoir gérer l’enchaînement des matchs et l’intensité du calendrier.

Qu’est-ce qui, selon vous, fait la différence pour être retenu sur des compétitions internationales comme la Coupe du monde ?

Une bonne connaissance du football de haut niveau est essentielle, mais ce n’est pas suffisant. Il faut savoir adapter sa pratique aux exigences spécifiques de ces compétitions et faire preuve d’une grande capacité d’adaptation. Le relationnel est également fondamental : créer une relation de confiance avec les joueurs, bien s’entendre avec le staff et être en phase avec le projet du coach. Nous avons notamment travaillé en étroite collaboration avec Bernard Diomède (sélectionneur de l’équipe de France), et cette cohérence dans le travail est indispensable à la réussite du groupe.


Une rencontre liée à vos expériences en Coupe du monde ?

Une rencontre qui m’a particulièrement marqué reste celle avec Antoine Griezmann lors de la Coupe du Monde U20 en Colombie en 2011, lorsqu’il évoluait encore avec l’Equipe de France jeune. C’est une très belle rencontre humaine, et nous sommes toujours en contact aujourd’hui.