Histoire : l’arbitrage d’hier à aujourd’hui
Les principales évolutions des Lois du jeu aux XXe/XXIe siècles (1/4)Les principales évolutions des Lois du jeu aux XXe/XXIe siècles (1/4)
L’International Football Association Board (IFAB) est une institution traditionnelle responsable des Lois du jeu du football depuis 1886. Les quatre associations nationales membres du Board demeurent l’Angleterre, l’Ecosse, le Pays-de-Galles et l’Irlande. Malgré l’adhésion de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) au Board en 1913, il reste le seul organe décisionnaire des lois. Les changements effectués dans les lois tout au long du XXe siècle résultent en partie d’une volonté de diminuer la violence, tout en augmentant le spectacle, que ce soit en rendant le jeu plus fluide ou en augmentant le nombre de buts. Sans être exhaustif, voici quelques évolutions importantes des fameuses 17 Lois du jeu.
La Loi I concerne le terrain. En 1896, le Board décide que « si pour n’importe quelle cause, pendant le déroulement du jeu, la barre viendrait à être déplacée, l’arbitre doit avoir le pouvoir d’accorder un but si dans son opinion le ballon serait passé sous la barre si elle n’avait pas été déplacée ». Cette décision est retirée en 1958. Depuis 1950, les lignes appartiennent aux surfaces qu’elles délimitent. Depuis 1975, il n’est plus possible de tracer des lignes discontinues.
La Loi II concerne le ballon. Lors de la première finale de la Coupe du monde entre l’Uruguay et l’Argentine l’arbitre belge John Langenus raconte dans son autobiographie que « chaque équipe avait apporté une balle de fabrication nationale propre et prétendait ne jouer qu’avec une balle de cette espèce ». Personne ne voulait céder et la balle de jeu fut désignée à pile ou face. Au début, les ballons présentent des ouvertures pour la valve et des coutures. Progressivement ces derniers disparaissent. En 1974 apparaît un instrument prototype pour contrôler les caractéristiques du ballon (pression, poids, circonférence) et déterminer si le ballon est en accord avec les Lois du jeu. Depuis 2014, le ballon est désormais connecté avec l’apparition de la Goal Line Technology qui permet de vérifier si le ballon a franchi entièrement la ligne de but.
La Loi III concerne le nombre de joueurs. Cette dernière précise au début du XXe siècle que tout changement est interdit. À partir de 1923, le remplacement fait son apparition officielle pour le gardien de but, qui peut être remplacé en cas de blessure. En 1958, c’est aussi le cas pour un joueur, qui a le droit d’être remplacé s’il est blessé, mais seulement en première période. Le règlement interdit donc aux joueurs de se blesser en seconde mi-temps, sous peine de laisser son équipe à 10. Lors de la Coupe du Monde en 1966, les remplacements des joueurs blessés ne sont toujours pas autorisés en seconde mi-temps, et la France se fait éliminer par l’Angleterre en terminant avec 9 joueurs sur le terrain. Les remplacements tactiques deviennent autorisés en 1967 pour les matchs amicaux et en 1972, en compétitions officielles. Alors que le l’International Board autorise deux remplacements à partir de cette date, la FFF limite les équipes françaises à un remplacement par rencontre. Ce n’est qu’à partir de 1995 que 3 remplacements tactiques deviennent effectifs pour toutes les équipes. Avec l’épisode du COVID, le nombre de remplacements autorisés est porté à cinq en 2021 et sera conservé par la suite.
La Loi IV porte sur les équipements des joueurs. Un joueur ne peut pas porter d’objets dangereux pour les autres joueurs depuis 1938. Les maillots, shorts et chaussettes des joueurs de toute l’équipe doivent être de « même genre » depuis 1973. Les protège-tibias ne sont obligatoires que depuis 1990.

Alexandre Joly est maître de conférences à l’Université Grenoble-Alpes. Il a soutenu une thèse en 2021 portant sur l’histoire des arbitres dans le football professionnel français et a publié un ouvrage sur le sujet : Les Hommes en noir du football : Histoire d’une profession de 1919 à nos jours (Presses Universitaires de Rennes).
