Les principales évolutions des Lois du jeu aux XXe/XXIe siècles (3/5)

 

L’International Football Association Board (IFAB) est une institution traditionnelle chargée des Lois du jeu du football depuis 1886. Les quatre associations nationales membres du Board demeurent l’Angleterre, l’Ecosse, le Pays-de-Galles et l’Irlande. Malgré l’adhésion de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) au Board en 1913, il reste le seul organe décisionnaire des lois. Les changements effectués dans les lois tout au long du XXe siècle résultent en partie d’une volonté de diminuer la violence, tout en augmentant le spectacle, que ce soit en rendant le jeu plus fluide ou en augmentant le nombre de buts. Sans être exhaustif, voici quelques évolutions importantes des fameuses 17 Lois du jeu.

La loi VIII concerne le coup d’envoi et la reprise du jeu. La balle à terre, pour toute interruption temporaire du match dans différentes situations, est créée dès 1886. L’arbitre est alors invité à lancer le ballon en l’air au point où il se trouvait au moment de l’arrêt du jeu. Cet envoi en l’air se transforme en lancer vers le sol à partir de 1905. En 1914, le Board décide que l’arbitre doit simplement laisser tomber le ballon à terre. Depuis 1997, il faut perdre le toss avant la rencontre pour se voir automatiquement attribuer le coup d’envoi du match. Si historiquement, le coup d’envoi devait être joué automatiquement vers l’avant, depuis 2016 le ballon peut être joué dans n’importe quelle direction lors du coup d’envoi.

La loi IX porte sur le ballon en jeu et hors du jeu. À partir de 1887, le ballon est en jeu lorsqu’il est sur le terrain ou sur l’une des lignes qui le délimite (alors que la ligne ne faisait pas partie de la surface de jeu avant cette date). Cette loi n’a subi que très peu de modifications tout au long de son histoire.

La loi X est associée au but marqué (ou plus récemment l’issue d’un match). Les Lois du jeu permettent aux joueurs de marquer directement sur un coup de pied de coin à partir de 1927 et directement sur l’engagement à partir de 1997. Jusqu’en 1970, lorsqu’une rencontre éliminatoire ou décisive se termine par un match nul, le match est soit rejoué ou le résultat est décidé par tirage au sort. Par exemple, le vainqueur de la demi-finale de Coupe de France entre Lyon et Angoulême en 1967 est décidé par tirage au sort effectué à la pièce par René Vigliani dans son vestiaire après la rencontre. Pour éviter le « sort de la pièce », les tirs au but sont introduits en 1970. Ils sont utilisés pour la première fois lors d’une Coupe du monde à l’occasion de la demi-finale France-RFA en 1982. À partir de 2014, l’arbitre central est aidé par une technologie, la Goal Line Technology, pour savoir si le ballon est entré entièrement ou non dans le but. 

La loi XI concerne le hors-jeu et subit plusieurs modifications au cours de son histoire. Si avant 1925, trois joueurs à vocation défensive sont pris en compte pour calculer le hors-jeu de position, deux joueurs (le gardien et l’avant dernier défenseur) sont désormais comptabilisés à partir de cette date. Le Board juge en effet nécessaire l’évolution de la loi en raison d’une diminution du nombre de buts et d’une baisse du temps effectif. Ce changement provoque une évolution du jeu qui devient plus offensif. En 1959, seul le joueur qui gêne un adversaire, prend part au jeu ou influence le jeu est sanctionné pour sa position illicite. La volonté de proposer un football plus offensif dans les années 1990 se traduit par une nouvelle mesure : un avantage considérable est donné aux attaquants qui n’ont plus besoin de partir derrière le défenseur quand le ballon est joué par un partenaire, ils peuvent désormais se trouver sur la même ligne. La détection d’un hors-jeu de position est aidée par l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) à partir de 2018, et encore plus avec la mise en place du hors-jeu semi-automatisé à partir de 2022.

 

Alexandre Joly est maître de conférences à l’Université Grenoble-Alpes. Il a soutenu une thèse en 2021 portant sur l’histoire des arbitres dans le football professionnel français et a publié un ouvrage sur le sujet : Les Hommes en noir du football : Histoire d’une profession de 1919 à nos jours (Presses Universitaires de Rennes).